“On était tétanisés”, le RAID se trompe de maison et plaque au mur un couple de retraités bretons

Drôle d’expérience pour Monique et Pierre. Ces retraités, qui habitent la commune de Guignen (Ille-et-Vilaine) depuis 30 ans, ont vu une vingtaine de policiers du RAID débarquer dans leur maison, à 6 h du matin, ce mardi 11 avril. Il s’agissait d’une erreur.

Les vitres de la porte sont fissurées et la serrure a explosé.
Les vitres de la porte sont fissurées et la serrure a explosé. © Radio France – Léa Dubost

Ils ne s’attendaient pas à un tel réveil. Ce mardi 11 avril, vers 6 h du matin, Monique et Pierre ont été réveillés par des bruits d’explosifs, dans leur commune calme et tranquille de Guignen (Ille-et-Vilaine). Comme révélé par nos confrères de Ouest-France, une vingtaine de policiers du RAID ont fait irruption chez ces retraités bretons, dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants menée par l’Office anti-stupéfiants (OFAST). Mais les policiers se sont trompés de maison.

Mis en joue, les mains sur la tête

Monique et Pierre vivent dans une grande longère en pierre, située au fond d’une voie sans issue, en pleine campagne. En voyant l’état d’une des portes de la maison, on comprend que leur tranquillité a été troublée récemment. La serrure de la porte a explosé, les vitres sont toutes fissurées et un trou s’est formé dans le mur intérieur de la maison. “Ils ont disposé des explosifs sur notre porte arrière. L’ensemble de la porte a été soufflé. On a entendu quatre gros “boum”, ça nous a réveillés en sursaut”, raconte Pierre.

Le couple quitte alors sa chambre et se retrouve, en pyjama, face à une vingtaine de policiers, dont certains du RAID. “Ils nous ont plaqué au mur, les mains sur la tête, ils nous mettaient en joue avec leur arme. On était tétanisés, on ne comprenait pas, on n’a rien à se reprocher“, poursuit-il.

Une erreur de numéro

Les policiers se séparent, fouillent une bonne partie de la maison, en ouvrant tous les placards, puis finissent par demander au couple leur adresse exacte. “Et là, ils se rendent compte qu’ils se sont trompés de numéro, de maison ! Alors là, l’ambiance change directement. Ils étaient tous désolés. Certains sont restés avec nous, pour voir comment on allait”, explique Pierre. Les policiers proposent alors au couple une aide psychologique, et les informent des possibilités d’indemnisation, notamment pour réparer la porte.

Pierre préfère rire de cette expérience peu commune.
Pierre préfère rire de cette expérience peu commune. © Radio France – Léa Dubost

“On a de gros fous rires en y repensant”

Les retraités refusent l’aide psychologique, car s’ils ont été “tétanisés, très choqués” sur le moment, ils ont choisi de rire de cette expérience peu commune. “Depuis hier, on a de gros fous rires en y repensant, donc pas besoin d’aide psychologique. Nos amis, nos proches nous appellent pour comprendre ce qu’il s’est passé. On plaisante en me disant que je suis un baron de la drogue, que Guignen est une plaque tournante, mais je ne suis pas du tout Pablo Escobar“, sourit le sexagénaire. “J’espère que les policiers aussi rigolent ! Parce qu’aujourd’hui, avec Google Maps, on trouve tout. Mais eux débarquent dans la mauvaise maison”, ajoute-t-il en rigolant.

Difficile de savoir si les policiers concernés en rigolent au bureau. Le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, avance en tout cas une explication quant à cette erreur. “Il y a eu méprise, il n’y a aucun numéro sur les habitations et pas de boîtes aux lettres individuelles”, explique-t-il. Il ajoute qu’il existe, pour ce genre de situation, une procédure d’indemnisation par les services du ministère de la Justice.

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